Les obsèques et les assurances sur la vie
Dans notre société actuelle, l'éclatement des familles et le pouvoir d'achat en baisse deviennent de plus en plus un sujet de réflexion des seniors, principalement préoccupés par le devenir de leur dépouille charnelle, le jour de leur départ. Ils préfèrent anticiper et ne pas laisser la responsabilité de ce choix délicat à leurs proches.
Il est vrai que personne n'aime aborder un tel sujet en famille : il n'est jamais agréable de parler de sa propre mort...
Leur banquier, ou leur assureur, les invitera probablement à souscrire une assurance, qu'il leur vend, la plupart du temps, sous la forme d'un placement financier.
Très fréquemment, ce banquier ou cet assureur les incitera à opter pour un financement "en viager", quel que soit leur âge, sans parler de "carence".
Sachez simplement que "délai de carence" veut dire que pendant ce "temps certain" le souscripteur ne sera couvert que pour les sommes qui auront été effectivement versées, souvent diminuées des frais de dossier !
Et ce "certain temps" peut aller jusqu'à deux ans : par curiosité, calculez combien d'argent cela représente !
Vous conclurez, à juste titre, qu'il vaudra mieux continuer à vivre pendant ce temps-là !
Puis, si le contrat est basé sur une formule "viagère", soyez encore une fois assez curieux pour vous demander à combien vous reviendra ce contrat d'ici que vous ayez l'âge de 70, 75, ou pourquoi pas, celui plus canonique de 95 ans, voire plus, qui sait !
"Je n'arriverai pas à cet âge-là !", vous direz-vous ! Mais pourquoi pas, en vérité ?
De plus en plus souvent, les magazines comportent des pages entières de publicité pour des assurances de ce type : avant de souscrire, prenez-vous le temps de regarder et de comparer les coûts ramenés à un âge donné, afin de savoir quelle sera la solution la plus économique, à prestations égales, bien entendu !
A ce propos, et simplement pour dire que cela existe, nous constatons annuellement que 4 à 5 de nos défunts très âgés ont payé 3 ou 4 fois le montant réel de leurs obsèques...
Savez-vous que toute assurance sur la vie (quelle qu'elle soit) proposée par tout assureur est toujours basée sur les chiffres des statistiques relatives aux décès ?
Pour information, l'espérance moyenne de vie (estimation CIA World Factbook 2008) est en France est de 77.6 ans pour les hommes et de 84.5 ans pour les femmes.
Mais : votre banquier et vous, ou votre assureur et vous, en êtes tenus à ne parler que d'argent, et non pas d'obsèques !
D'accord, l'argent qui va (ou vient d') être placé est supposé financer les obsèques, et un bénéficiaire (ou plusieurs) a été désigné : qui certifie qu'il paiera vos obsèques avec cette somme ?
Personne, hors sa conscience, ne pourra l'empêcher de l'utiliser comme bon lui semblera !
A juste titre, supposons que le légataire emploiera l'argent (son argent) pour les obsèques.
Mais surtout, que devra-t-il faire, afin de respecter les volontés du souscripteur ?
Très souvent, il n'aura pas eu de consignes (au risque de me répéter, ce n'est pas un sujet que l'on aborde facilement, même entre proches...), et il prendra peut-être le temps de consulter des amis, ou des voisins du défunt, pour savoir s'il a abordé ce sujet avec eux...
En même temps, il aura d'autres choses à faire, parce que sa vie continue...
Il croira que le contractant aurait souhaité être inhumé(e) aux côtés de son épouse (ou époux), par exemple, alors que son souhait était d'être incinéré(e), ou l'inverse...
En quelques mots, il ne saura que faire pour répondre aux dernières volontés !
Peut-être aussi, le banquier ou l'assureur aura-t-il conseillé au souscripteur de désigner une entreprise de pompes funèbres comme premier bénéficiaire, puis seulement ensuite les autres légataires ?
Voilà qui est déjà mieux : au moins l'assuré aura-t'il la certitude que l'argent placé sera utilisé pour l'usage souhaité, mais le problème reste présent : ce professionnel ne saura pas plus que toute autre quelles sont les volontés du souscripteur.
C'est pour résoudre ce type de soucis que les entreprises de pompes funèbres, face à de nombreuses demandes, ont développé avec le concours d'assureurs un produit bien spécifique : le contrat-obsèques, auquel il est possible de rajouter un contrat d'entretien ou de fleurissement de tombe, voire de transmettre un capital à un tiers.
RAPPELS :
- L'article 5 de la loi du 15 novembre 1887, modifiée par la loi n° 96-142 du 21 février 1996, précise que "sera punie des peines portées aux articles 199 et 200 du code pénal, sauf application de l'article 463 dudit code, toute personne qui aura donné aux funérailles un caractère contraire à la volonté du défunt ou à la décision judiciaire, lorsque l'acte constatant la volonté du défunt ou la décision du juge lui aura été dûment notifié."
- L'article 8 de la loi 2008-1350 du 19 décembre 2008 prévoit que "toute clause d'un contrat prévoyant des prestations d'obsèques à l'avance sans que le contenu détaillé de ces prestations soit défini est réputée non écrite.
Le capital versé par le souscripteur d'un contrat prévoyant des prestations d'obsèques à l'avance produit intérêt à un taux au moins égal au taux légal."
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