La composition minimale d'un cercueil

 

Avant tout, il convient de préciser que tout cercueil proposé à la vente est obligatoirement muni d'une cuvette étanche biodégradable et de 4 poignées.

 

Pour des raisons esthétiques ou pratiques, des poignées supplémentaires peuvent être rajoutées.

 

Il est à signaler que la réglementation impose aux fabricants l'utilisation et la mise en œuvre de colles, teintures et vernis exempts de solvants.

 

Bien que la législation ait rendu le capiton facultatif, il est d'usage de capitonner l'intérieur du cercueil avec des capitons funéraires de différents types de confection, et dans quasiment tous les tissus d'ameublement, par ex. en satin, en velours, en coton, en lin ou encore en soie naturelle, pour ne citer que les plus usités.

 

 

 

Les différentes formes des cercueils

 

Depuis l'utilisation de cercueils pour les inhumations (voir l'évolution des rites funéraires), il a existé une grande variété de formes, généralement liées à la région de fabrication.

 

Conséquence de la professionnalisation du secteur des pompes funèbres, les menuisiers locaux ont progressivement cessé de produire des cercueils.  Ceux-ci étaient alors fabriqués généralement sur mesure et dans l'urgence, mais toujours à l'image de la créativité et du savoir-faire de ces artisans, pour ne pas dire artistes, parfois.

 

Aujourd'hui, ce sont des usines spécialisées qui fabriquent ces articles en série. La rationalisation de la production a entraîné la disparition de multiples formes régionales, trop coûteuses en termes de main-d'œuvre lors de la fabrication et/ou de l'assemblage.

 

C'est ainsi que de nos jours ne subsistent principalement que les formes les plus économiques à produire en série. 

 

Ce sont essentiellement les modèles de base tels les lyonnais (aussi appelé lorrain), parisien ou tombeau. Parallèlement, il subsiste dans certaines régions comme par ex. le Nord, des cercueils cintrés.

 

Ces 3 principales familles de cercueils peuvent être "enrichies" grâce à des défonçages ou des rajouts décoratifs, comme par ex. de la pyrogravure ou des baguettes. Il est également possible de varier les silhouettes en remplaçant le couvercle de base par un autre, par ex. un couvercle à cadre, typique des régions du Nord, encore.

 

Lors d'une inhumation en "pleine terre", les fortes pressions dues aux tonnes de terre ont très vite raison de la résistance du couvercle du cercueil. Il est possible de palier à cet inconvénient majeur par le choix d'un cercueil de type "lyonnais", par ex., dont la technique de fabrication offre plus de résistance à l'écrasement.

 

Une autre solution consiste en la réalisation d'un caveau funéraire, qui est une enveloppe isolant le cercueil de la terre environnante.

 

Dans certains pays, comme les États-Unis ou le Canada, par ex., il existe des cercueils en métal (de la simple tôle au bronze),  voire même en béton.

 

Parallèlement à la gamme que nous dirons standard, certains fabricants produisent en très petite série des cercueils plus luxueux, généralement  marquetés ou avec des inclusions de métal.

 

 

 

Les essences de bois utilisées pour les cercueils

 

En préambule, il est sans doute important de savoir que la quasi-totalité des cercueils fabriqués aujourd'hui l'est avec des bois issus de la gestion forestière durable.

Rappelons-nous aussi que le bois est une énergie renouvelable.

 

 

 

Les bois durs

 

L'essence la plus couramment utilisée dans la fabrication des cercueils est le chêne.

 

Cet arbre est très présent dans les forêts françaises et son bois se conserve très bien, surtout en caveau. Il est également utilisé pour les inhumations en pleine terre, grâce à ses qualités de vieillissement. Le mélèze est une autre essence de grande durabilité.

 

Le hêtre est lui aussi fréquemment utilisé. Il est toutefois le plus souvent replaqué, avec des essences nobles. En effet, sa texture convient rarement à la teinture, sauf lorsqu'il s'agit de rappeler le merisier.

 

Un autre bois noble, le châtaigner, se retrouve souvent dans les essences utilisées.

 

Un des rares résineux classés en bois dur est l'if, rarement utilisé dans la fabrication de cercueils en France, mais assez courant dans les pays méditerranéens.

 

Le pourtour méditerranéen est également un producteur de bois d'olivier : un cercueil de cette essence a rehaussé depuis peu notre salle d'exposition.

 

Plus rarement utilisés, l'orme et le frêne sont pourtant présents, généralement pour la confection de cercueils de haut de gamme.

 

 

 

Les bois tendres

 

Cette appellation recouvre en principe l'ensemble des résineux, ainsi que les bois blancs, comme le peuplier, le bouleau ou l'aulne.

 

Les essences comme le pin, l'épicéa et le sapin sont très courantes dans l'industrie funéraire.

 

Le mélèze est très souvent utilisé pour les inhumations en caveau grâce à sa grande résistance à l'humidité.

 

 

 

Les bois exotiques

 

Les différentes variétés d'acajou sont les plus représentées dans les cercueils haut de gamme, alors que le teck est couramment utilisé pour la fabrication d'urnes.

 

Le noyer de Mayombé (ou fraké) devient aussi une essence courante.

 

De plus en plus fréquemment, des cercueils destinés exclusivement à la crémation sont fabriqués en ayous, autre bois exotique, mais de faible densité.

 

 

 

L'épaisseur du bois du cercueil

 

Le cercueil sera fabriqué dans du bois d'une épaisseur de 22 mm (CGCT, art. R. 2213-25) qui pourra être ramenée à 18 mm si la durée du transport du corps est inférieure à 2 heures (ou 4 heures lorsque le corps a reçu des soins de conservation) ou en cas de crémation.

 

 

 

De nouveaux arrivants : l'aggloméré et le carton

 

En remplacement du bois, de l'aggloméré et du carton peuvent être utilisés dans la fabrication de cercueils.

 

Par leur résistance quasi nulle aux pressions exercées dans le cas d'une inhumation, ils sont surtout destinés à la crémation.

 

 

* L'aggloméré, par sa composition, est très pollueur et toxique. Il dégage lors de la combustion énormément de gaz qui pourront encrasser les filtres dont devront très bientôt être équipés les crématoriums.

Son coût est équivalent à celui d'un cercueil en bois.

 

 

* Souvent utilisé comme cheval de bataille pour réveiller la fibre écologiste qui existe en chacun de nous, le cercueil en carton est parfois présenté comme une alternative bon marché.

 

Pourtant, son coût est supérieur à celui d'un cercueil en peuplier..., qui peut être utilisé tant pour une inhumation que pour une crémation !

 

De plus, il est mis à l'index par la majorité des exploitants de crématoriums.

 

En effet, lors d'une incinération, l'apport calorique du bois composant le cercueil est très important, en tant que participant à la montée en température de l'appareil de crémation.

 

Cette caractéristique est toujours passée sous silence par les promoteurs de l'enveloppe en carton : celui-ci n'apporte aucune énergie lors de la combustion, et oblige à consommer 3 voire 4 fois plus d'énergie (la majorité des appareils de crémation fonctionnent au gaz naturel) afin d'assurer l'incinération complète du corps du défunt.

 

Quand on sait que l'incinération d'un corps avec son enveloppe en bois consomme environ 20 m3 de gaz naturel...

 

Gageons que si l'utilisation, actuellement confidentielle, du cercueil en carton se développe, le tarif des incinérations suivra une courbe exponentielle...

 

 

NB : n'oublions pas non plus que l'industrie papetière est très souvent citée comme l'un des plus grands pollueurs des cours d'eau.

 

 

Le lecteur l'aura certainement compris : nous ne proposons pas de cercueil en carton à la vente, pour les différentes raisons suivantes :

 

- notre entreprise a été créée par des menuisiers,

 

- le bois est une énergie renouvelable, alors que le gaz naturel est une énergie fossile, ce qui explique le piteux bilan écologique global de l'incinération d'un cercueil en carton,

 

- une logique économique : le carton est hydrophile et se stocke très difficilement, alors que ces cercueils sont vendus par lots,

 

- le système de fabrication laisse les professionnels du funéraire que nous sommes dubitatifs en ce qui concerne la tenue à l'humidité : un corps se déshydrate d'environ 1 litre par jour, eau qui sera "captée" par le carton, affectant donc sérieusement sa résistance (n'oublions pas que la crémation du corps d'un défunt peut n'intervenir que 7 jours après son décès),

 

-de plus, son prix est sensiblement plus élevé que celui d'un cercueil en bois, que ce soit du peuplier ou un résineux.

 

(lire l'avis des Services Funéraires de la Ville de Paris à ce sujet)

 

 

 

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Vous avez une précision à apporter, une demande ou une remarque à formuler au sujet de cette rubrique, ne vous gênez pas,

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